A s’en mordre les doigts

Vainqueur du Pays de Galles lors de la petite-finale (10-7), l’équipe de France des moins de 18 ans quitte les championnats d’Europe Fira-AER sur une bonne note. Mais surtout, avec de nombreux regrets dans la besace.

Ils s’étaient promis de se quitter sur un podium européen. Ils ont tenu parole. Malgré la fatigue physique et mentale accumulée, les Bleuets ont clos leur semaine marathon par une victoire. Un succès 10-7 acquis face aux Gallois qui leur permet de grimper sur la troisième marche du podium des championnats d’Europe Fira-AER des moins de 18 ans. Un dénouement heureux qui n’est pas sans laisser un certain goût d’inachevé dans les têtes du staff tricolore. “Être sur le podium fait du bien, c’est une évidence. Mais cette défaite face aux Irlandais en demi-finale (22-20) nous reste en travers de la gorge,” soupire toujours l’entraîneur Romain Parbaile. Des regrets qui prennent d’autant plus d’épaisseur à la vue de la prestation offerte par ses joueurs ce samedi face aux Gallois.

Qu’on ne s’y trompe pas, le résultat étriqué de 10-7 ne reflète en rien la physionomie de cette petite-finale. Etouffé toute la rencontre par la furia bleu, le XV du Poireau s’en tire à bon compte avec ce seul écart de trois petits points. A contrario, reflet il y a dans ce dénouement avec le parcours sinueux des Bleuets lors de ce séjour à Madrid. Que ce soit face à l’Ecosse en quart de finale (19-7), à l’Irlande en demi-finale (20-22) ou encore cette fois face au Pays de Galles, la sélection du duo Parbaile-Zenoni a été régulière dans l’incohérence. Elle n’a jamais semblé en mesure de se mettre à l’abri dans des rencontres qu’elle a pourtant dominé. Ce qui lui a coûté d’assister en tant que simple spectateur à la victoire finale d’Anglais, certes moins talentueux, mais nettement plus sérieux (voir encadré).

Trop d’erreurs et Gaël Fickou

On a manqué le dernier geste à la conclusion ce qui ne nous a pas permis de creuser l’écart”, analyse Romain Parbaile au coup de sifflet final. Une observation qui ne s’applique d’ailleurs pas qu’à cette seule rencontre. En effet, ce manque d’efficacité du à de nombreuses petites erreurs est le gros point noir de cette semaine espagnole. Une carence redondante que les 26 sélectionnés se doivent d’impérativement gommer pour se fondre dans le moule du haut-niveau. Car tous ces légers détails additionnés rendent un bilan mi-figue mi-raisin.

Si la figue correspondait à ces errements, le raisin se verrait quant à lui personnifié par la présence de Gaël Fickou. Car s’il ne fallait en retenir qu’un, le joueur du RC Toulon serait l’heureux élu. Rayon de soleil de ce tournoi européen, le trois-quart centre a éclaboussé par son talent les trois rencontres auxquels il a participé. Ce qui fut encore le cas ce samedi avec un nouvel essai (9e), le deuxième de sa semaine. Le joueur de Toulon, pierre angulaire du système français, retenait pour sa part “le bonheur de se retrouvait sur le podium malgré la déception d’être passé à côté de quelque chose de grand…”. Etant surclassé, une revanche face au vainqueur anglais, il pourra se l’offrir dans un mois, avec les moins de 19 ans. Pour le reste de ses compagnons, place désormais au baccalauréat et aux tests pour rentrer au pôle France. Pour gagner en maturité, sur les terrains comme en dehors.


La Rose au sommet

Sans broncher, le XV de la Rose version moins de 18 ans s’est hissé sur le toit de l’Europe. Une Europe qu’ils peuvent se permettre de regarder de haut tant les Anglais ont dominé cette compétition (105 points marqués, 37 encaissés) de la tête et des épaules. Et cette finale face au voisin irlandais n’a pas dérogé à la règle. Pris à la gorge dès le début de la rencontre, les tombeurs des Français au tour précédent concédaient deux essais après un petit quart d’heure de jeu (5e, 14e). Un écart réduit de six points à la pause grâce à la botte de leur ouvreur et métronome McKeon (12-6).

Tout en puissance

Mais il en fallait définitivement plus dans cette édition 2012 des championnats d’Europe pour contrecarrer le rouleau compresseur anglais. Epuisés physiquement, les Irlandais se muaient en faire-valoir dès la reprise de cette finale. Car sitôt la deuxième mi-temps entamée, ils encaissaient un essai tout en puissance du pack britannique (22-6, 52e). Malgré un énième sursaut d’orgueil (essai à la 59e) dont eux seuls ont le secret, les hommes du trèfle devaient pourtant se contenter d’assister dans la posture du simple spectateur au sacre de l’ennemi juré. Un sacre des plus mérités qui ne doit rien à personne sinon au sérieux et au talent de ses ouailles selon le sélectionneur Fletcher: “Nous sommes invaincus depuis le début de la saison, avons réalisé un Grand Chelem, c’est donc une récompense de tous nos efforts. Pas seulement pour ce match, mais pour toute notre campagne.” Aux Bleuets d’en prendre de la graine.

Article paru dans le Midi Olympique (édition du 9 avril 2012). Photos: Leticia Poveda

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